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Editeurs prédateurs, revues prédatrices... de quoi s'agit-il et comment les éviter ?

Pourquoi parle-t-on de "prédation" ?

Les revues et éditeurs prédateurs privilégient la recherche de profit au détriment de la qualité de la recherche. La définition la plus consensuelle, issue d'un article publié dans Nature en 2019 (doi.org/10.1038/d41586-019-03759-y), dresse la liste des principales caractéristiques de ces éditeurs prédateurs : ils font preuve d'un manque de transparence (concernant la prise de décision éditoriale, l'identité des membres des comités de rédaction, ou les frais de publications), et s'écartent plus globalement des bonnes pratiques de publication, ils ont recours à des informations fausses ou trompeuses (faux facteurs d'impact, fausses allégations d'indexation, etc.) et sollicitent les auteurs sans discernement et/ou de manière aggressive. 

Le cas de MPDI et de Frontiers : des éditeurs en zone grise   

Quels sont les risques à publier dans des revues "prédatrices" ?

La publication dans ces revues est néfaste sur plusieurs plans :

  • A l'échelle individuelle : La publication dans ces revues nuit à la carrière et à la réputation des chercheurs. Publier dans une revue sans révision fiable par les pairs, c'est prendre le risque d'entâcher son CV, mais également de freiner la diffusion de ses articles puisque ces revues ne sont pas indexées dans les bases de données bibliographiques.
  • A l'échelle de son établissement : Les fonds dédiés à la recherche sont dévoyés pour publier dans des revues frauduleuses ou de faible qualité. Il suffit de multiplier les quelques centaines d'euros facturés par des dizaines voire des centaines d'articles pour parvenir à des sommes conséquentes à l'échelle d'un organisme. Cela discrédite également l'intégrité de son laboratoire et de son institution.
  • A l'échelle de la production scientifique plus globalement : Publier dans une revue prédatrice, c'est aussi nuire à la crédibilité et à la fiabilité de la recherche, d'autant plus dans un contexte de défiance d'une partie de la société civile envers la communauté scientifique.


Comment les reconnaître ?

Une seule caractéristique ne suffit pas à déterminer si une revue est prédatrice ou non, mais l'accumulation de certains indices permet de reconnaître et d'éviter les revues prédatrices. Il est donc nécessaire de savoir quels sont ces indices afin d'adopter la meilleure ligne de conduite possible.
• Une invitation à publier est envoyée par mail, parfois avec une adresse mail non professionnelle (type gmail)
• Les manuscrits doivent être sousmis par email, et il n'existe pas de plateforme de soumission
• La revue promet une publication très rapide
• Le processus de reviewing n'est pas transparent
• Les frais de publication (APC) sont très modestes et/ou il n'y a pas de transparence sur les tarifs pratiqués
• Il existe des frais d'accès ou un embargo sur la diffusion (ce qui contrevient aux principes de l'open access)
• Les mails ou le site de la revue comportent des fautes d'orthographe ou de grammaire
• Le facteur d'impact est erroné, ou la revue met en avant un Index Copernicus (indicateur trompeur)

Dans tous les cas, nous vous invitons à vous méfier des sollicitations directes, à vous renseigner sur la maison d'édition, sur les règles d'évaluation par les pairs de la revue, et sur son le comité de rédaction (l'expertise de ses membres correspond-elle au périmètre de la revue ?), et à vérifier si les métriques et les allégations d'indexation dans les bases bibliographiques sont avérées. Vous pouvez si besoin recourir à des outils d'évaluation de la fiabilité de ces revues (voir ci-contre).

Quelques ressources utiles

    Il existe des outils permettant d'évaluer la fiabilité d'un éditeur, d'une revue ou d'un congrès.

  • Think. Check. Submit. : Créé par plusieurs acteurs de l'édition et de l'intégrité scientifique, cet outil propose de répondre à une cheklist afin d'évaluer la fiabilité d'une revue ;
  •  Compass to Publish : Conçu par l'Université de Liège, cet outil se fonde sur une grille d'évaluation à remplir soi-même pour connaître le degré d'authenticité de la revue, ainsi que ses points positifs, ses faiblesses et ses incohérences, et les tests d'autres internautes sur la même revue ;
  • La grille d'évaluation des congrès prédateurs du réseau de l'Université du Québec.

    Certains organismes mettent à disposition des listes de revues fiables, ou au contraire, de revues prédatrices.
    Attention : Ces listes ne sont pas exhaustives ! Ne vous limitez pas à la consultation de ces listes si la revue où vous souhaitez publier n'y est pas référencée.

  • La conférence des doyens de médecine et le Conseil National des Université (CNU santé) met à disposition une liste des revues recommandables dans le domaine de la santé.
  • Le DOAJ (Directory of Open Access Journals) est une base de données qui référence des revues en Open Access dans tous les domaines de la recherche. Il a pour principe de ne faire figurer que des revues qui contrôlent la qualité de leurs publications et qui font preuve de transparence au sujet des frais de publication pratiqués. L'équipe de cette base de données fournit une liste de revues et/ou d'éditeurs qui prétendent à tort être référencés dans le DOAJ, or cette affirmation frauduleuse est un critère qui participe à confirmer le caractère prédateur d'un éditeur.

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