MDPI et Frontiers : des éditeurs en "zone grise"
Publier chez MDPI ou chez Frontiers : une question qui fait débat
Certains éditeurs, comme MPDI et Frontières, font partie d'une zone grise. Ces éditeurs ne sont à l'heure actuelle plus qualifiés d'éditeurs prédateurs, mais ils peuvent être considérés comme douteux.- Ils répondent à la fois aux critères des éditeurs de confiance :
– Présents dans le DOAJ ;
– Membres du COPE (Committee on Publication Ethics).
- Mais aussi aux critères des éditeurs prédateurs* :
– Taux d'acceptation des articles très important : 40% de refus pour MDPI et 48% pour Frontiers, contre 71% chez Elsevier en 2022 ;
– Délais de publication courts : 37 jours en moyenne pour MDPI, contre 185 jours pour Nature et 134 chez Elsevier :
– Multiciplication des numéros spéciaux pour attirer les auteurs (ce qui démultiplie donc les sources de revenus pour ces éditeurs) : en 2022, 88% des numéros sont des numéros spéciaux chez MDPI et 69% chez Frontiers, contre seulement 3% dans les revues Springer ;
– Multiciplication des numéros spéciaux pour attirer les auteurs (ce qui démultiplie donc les sources de revenus pour ces éditeurs) : en 2022, 88% des numéros sont des numéros spéciaux chez MDPI et 69% chez Frontiers, contre seulement 3% dans les revues Springer ;
– Sollicitations abusives des chercheurs : c'est le cas ces derniers mois pour les personnels de l'Agence, qui sont contactés régulièrement par MDPI et Frontiers, parfois sans distinction vis-à-vis de leur domaine d'expertise ;
– Création de revues avec des titres similaires à ceux de revues renommées : animal et Cell chez Elsevier / Animals et Cells chez MDPI.
De plus, les frais de publication (ou APC) connaissent une très forte augmentation, notamment chez MDPI : +64% d’augmentation entre 2017 et 2021, et +78% entre 2017 et 2025 selon les données d'OpenAPC.
Du point de vue de l'impact et de l'évaluation de la recherche
Le potentiel de citations des articles parus chez MDPI est faible, voire très faible d’après une étude présentée lors de la journée « Ouvrir les publications scientifiques » en octobre 2022 organisée par l’Observatoire des Sciences et Techniques (ou OST, qui est désormais intégré à l’HCERES et spécialisé dans les études bibliométriques au niveau national). Les études démontrent que le retour sur investissement n'est pas aussi élevé qu'escompté : l'impact dans la recherche ne permet pas de compenser le montant des frais de publications dépensés. La majorité des revues Frontiers et MDPI on un taux de citations très faible (notamment en dehors du taux d'auto-citation) en raison du volume important d’articles publiés par an, il faut donc renforcer la communication sur la publication ou le numéro spécial pour sortir les articles du lot et les mettre en avant.Quel est le positionnement de l'Anses vis-à-vis de ces éditeurs ?
Lors de leurs évaluations Hcérès, les 2 unités mixtes Anses-INRAE-EnVA ont pris l’engagement de ne plus publier chez ces deux éditeurs, tant pour leur modèle économique qui fait preuve d’inflation non contrôlée, que pour les dysftonctionnements de leurs pratiques éditroiales.
En France, l’interdiction de publier dans ces revues ne peut pas être mise en œuvre puisque le principe de Liberté académique prime. Il revient donc à l’office de l’intégrité scientifique, aux comités de déontologie et aux personnels d’accompagnement de la recherche (c'est-à-dire aux documentalistes) d’éclairer sur les mécanismes de ces maisons d’éditions et des alternatives qui existent plus vertueuses et reconnues comme telles par les organismes d’évaluation.
En parallèle les établissements suivent les dépenses en APC dans ces maisons déditions (via une déclaration annuelle obligatoire) en vue d'atténuer l’effet considérable de ces coûts sur les finances publiques.
Ces derniers mois les chercheurs Anses sont de plus en plus sollicités par Frontiers et MDPI, et reçoivent des invitations par mail à participer à des numéros spéciaux ou à des congrès organisés par ces maisons d'édition.
Nous vous invitons à être vigilants, à ne pas donner suite aux invitations expresses, et à nous contacter en cas de doute.
*La plupart des données proviennent de l'article : Mark A. Hanson, Pablo Gómez Barreiro, Paolo Crosetto, Dan Brockington; The strain on scientific publishing. Quantitative Science Studies. 2024; 5 (4): 823–843. doi: https://doi.org/10.1162/qss_a_00327
En parallèle les établissements suivent les dépenses en APC dans ces maisons déditions (via une déclaration annuelle obligatoire) en vue d'atténuer l’effet considérable de ces coûts sur les finances publiques.
Ces derniers mois les chercheurs Anses sont de plus en plus sollicités par Frontiers et MDPI, et reçoivent des invitations par mail à participer à des numéros spéciaux ou à des congrès organisés par ces maisons d'édition.
Nous vous invitons à être vigilants, à ne pas donner suite aux invitations expresses, et à nous contacter en cas de doute.
*La plupart des données proviennent de l'article : Mark A. Hanson, Pablo Gómez Barreiro, Paolo Crosetto, Dan Brockington; The strain on scientific publishing. Quantitative Science Studies. 2024; 5 (4): 823–843. doi: https://doi.org/10.1162/qss_a_00327
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